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La politique industrielle chinoise de nouvelle génération

La stratégie industrielle chinoise touche désormais presque tous les secteurs et leurs chaînes d’approvisionnement. Pékin renforce une intervention d’État qui vise à contrôler les intrants, les équipements et les services avancés.

Une chaîne industrielle relie terres rares, machines, semi-conducteurs, véhicules électriques et exportations chinoises vers les marchés mondiaux.
La stratégie chinoise ne vise plus seulement le produit fini : elle cherche à contrôler toute la chaîne, des intrants aux services avancés.

Dix ans après le lancement de « Made in China 2025 », Pékin renforce l’intervention de l’État au lieu de céder sous la pression internationale [1]. Cette nouvelle phase est plus systémique : elle dépasse les produits finis pour couvrir l’ensemble de la chaîne de production, des matières premières et équipements industriels aux services de pointe [1]. Cette évolution illustre une transformation sophistiquée du capitalisme mondial, dans laquelle l’État façonne activement les chaînes de valeur afin d’obtenir des avantages structurels durables.

Le « China Shock 2.0 » est particulièrement visible dans les terres rares et les technologies vertes : Pékin utilise la puissance publique pour resserrer son contrôle sur l’offre mondiale [2] [4]. Alors que les cycles précédents protégeaient surtout le marché intérieur, la stratégie actuelle cherche à rendre le monde plus dépendant des exportations chinoises tout en bâtissant une autonomie nationale [1]. Cette double trajectoire rappelle les mécanismes d’accumulation du capital et les résultats pilotés par l’État étudiés dans Deciphering Karl Marx's 'Das Kapital'.

L’effet mondial apparaît déjà dans les prix à l’exportation et le phénomène « Buy in China » : les entreprises doivent de plus en plus s’intégrer aux écosystèmes chinois pour rester compétitives [3]. La Chine conserve des lacunes dans les semi-conducteurs haut de gamme et l’aérospatial, mais elle a évincé des entreprises étrangères dans les véhicules à énergie nouvelle et les équipements de communication [1]. Cette posture industrielle accélère la fragmentation géoéconomique : l’Allemagne, le Japon et les États-Unis cherchent à répondre à un concurrent soutenu par une puissance publique massive et coordonnée [1] [2].

Références

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