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L’air que nous avons banalisé : pourquoi les progrès contre la pollution se sont arrêtés après 2020

L’exposition mondiale aux particules fines a diminué avant 2020, puis a pratiquement cessé de reculer. Les nouvelles données révèlent une fracture majeure selon les revenus et montrent que la politique de l’air doit relier transports, énergie, industrie, agriculture et usages domestiques plutôt que traiter la pollution comme une alerte urbaine temporaire.

Des particules fines issues des transports, de l’électricité, de l’industrie et de la cuisson domestique traversent une ville jusqu’aux poumons et au système cardiovasculaire, en révélant l’inégalité mondiale d’exposition.
Après des progrès jusqu’en 2020, l’exposition mondiale aux PM2,5 stagne et révèle une fracture sanitaire profonde entre pays riches et pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les progrès mondiaux contre la pollution aux particules fines se sont arrêtés. Les indicateurs actualisés de l’Organisation mondiale de la santé montrent que les concentrations mondiales de PM2,5 ont diminué jusqu’en 2020, puis sont restées globalement stables. En 2023, 6,5 milliards de personnes étaient exposées au-delà de l’objectif intermédiaire le moins exigeant de l’OMS, fixé à 35 microgrammes par mètre cube. L’exposition était treize fois plus élevée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays riches. [1]

La pollution est un système, pas un épisode météorologique

Les PM2,5 sont assez petites pour pénétrer profondément dans les poumons et sont associées aux maladies cardiovasculaires et respiratoires, même à des niveaux d’exposition modérés. Leurs sources traversent plusieurs domaines politiques : transports, production électrique, industrie, agriculture et chauffage résidentiel. L’indicateur d’exposition de l’OCDE mesure donc le contact annuel prolongé d’une population avec les particules fines plutôt que les seuls pics occasionnels. [2]

L’énergie domestique fait partie du même problème. Environ deux milliards de personnes utilisent encore des foyers et combustibles inefficaces pour cuisiner, créant une pollution dangereuse dans et autour du logement. Les pays à revenu faible ou intermédiaire supportent 90 % des conséquences sanitaires décrites par les nouvelles données de l’OMS. L’Asie connaît à la fois l’exposition la plus forte et les progrès récents les plus importants, tandis que l’Afrique, l’Asie occidentale et l’Afrique du Nord ont peu évolué. [1]

Une meilleure mesure change la responsabilité

Les nouvelles méthodes de suivi combinent observations satellitaires, modèles atmosphériques et stations au sol. Un jeu de données quasi instantané publié en 2026 sur les centrales électriques a constaté que la plupart des polluants suivis avaient augmenté entre 2019 et 2025, tandis que ses estimations correspondaient étroitement aux inventaires établis. [3] Ces systèmes peuvent raccourcir le délai entre émissions et réponse politique, sans remplacer les capteurs locaux ni le contrôle réglementaire.

La conséquence pratique est que la politique de l’air ne peut rester confinée à une seule agence environnementale. Elle exige des décisions cohérentes sur l’électricité, les transports, le chauffage, les brûlages agricoles et l’urbanisme. Le prochain test sera de savoir si les gouvernements utilisent les meilleures données d’exposition pour cibler les principales sources et les communautés les plus touchées, plutôt que de publier des moyennes mondiales qui masquent la fracture des revenus.

Références

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