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L’océan ne traverse pas une seule crise, mais quatre systèmes interconnectés

Les nouvelles évaluations mondiales montrent que le réchauffement de l’océan, l’érosion de la biodiversité, la pression de la pêche et la sécurité alimentaire ne peuvent pas être gérés séparément. Le défi politique central consiste à concilier la conservation avec les revenus et la nutrition des communautés directement dépendantes des écosystèmes marins.

Un même système océanique relie la régulation du climat, la biodiversité marine, la pêche et les moyens de subsistance côtiers, avec des pressions et des solutions représentées comme interdépendantes.
Les évaluations mondiales récentes montrent que le réchauffement de l’océan, l’érosion de la biodiversité, la pression de la pêche et la sécurité alimentaire doivent être gérés ensemble.

La crise océanique est souvent répartie entre plusieurs dossiers — réchauffement, pollution, biodiversité et pêche — mais la troisième Évaluation mondiale de l’océan les traite comme un système unique et connecté. L’océan couvre plus de 70 % de la Terre, anime de grands cycles du carbone et des nutriments, et soutient la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la santé publique. Les activités humaines affectent ce système par la pêche, le transport maritime, le tourisme, la production d’énergie et les pollutions d’origine terrestre. [1]

La production alimentaire dépend de l’état des écosystèmes

L’évaluation 2026 de la FAO sur la pêche et l’aquaculture fait état d’un commerce record des produits issus d’animaux aquatiques, évalué à 184 milliards de dollars. L’aquaculture peut accroître l’offre alimentaire, mais une croissance durable suppose une gouvernance fondée sur la science, une planification spatiale et des systèmes de production qui ne déplacent pas la pression des stocks sauvages vers les habitats, les ressources alimentaires ou la qualité de l’eau. [2]

Cette dépendance est concrète sur la côte est-africaine. Face à la baisse des captures, à la surpêche et au changement climatique, des communautés de pêcheurs associent restauration des mangroves, aquaculture, tourisme et activités alternatives. Les pépinières de mangroves, l’apiculture et l’écotourisme deviennent des amortisseurs de revenus. La pêche illégale et non déclarée coûterait environ 23 milliards de dollars par an à l’économie mondiale, tout en menaçant la biodiversité et la sécurité alimentaire. [3]

La protection doit devenir opérationnelle

Le traité sur la haute mer a créé une voie juridique pour établir des aires protégées au-delà des juridictions nationales, mais les engagements politiques doivent encore se traduire en suivi, en contrôle et en financement. Lors de la conférence Our Ocean 2026, des États africains et du Commonwealth ont averti qu’une grande partie de la protection existante demeurait plus solide sur le papier que dans la pratique. [4]

Un cadre politique utile doit donc répondre à quatre questions liées : l’intervention réduit-elle les pressions climatiques et la pollution, restaure-t-elle la biodiversité, maintient-elle une production alimentaire nutritive et préserve-t-elle des moyens de subsistance viables ? Une mesure qui ne réussit que sur une dimension peut déplacer les dommages ailleurs.

La prochaine étape doit être jugée à la fois sur ses résultats écologiques et humains — état des stocks de poissons, restauration des habitats, légalité des captures, nutrition et revenus des ménages — plutôt que sur la seule superficie d’océan officiellement couverte par un engagement.

Références

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