Les États-Unis ont enregistré en mai un déficit commercial de biens et services de 77,6 milliards de dollars, soit 23,0 milliards de plus qu’en avril. Les exportations ont reculé à 317,7 milliards de dollars tandis que les importations ont atteint 395,3 milliards. [1] Reuters a également signalé l’élargissement de 42,2 % et des importations record de biens d’équipement, à 128,0 milliards de dollars. [2]
Le chiffre est une différence
Un déficit commercial est l’écart entre ce qu’une économie importe et ce qu’elle exporte sur une période. Cela paraît simple, mais la publication de mai montre pourquoi le seul chiffre de tête est un mauvais tableau de bord. Le déficit s’est creusé parce que deux mouvements se sont produits simultanément : les importations ont augmenté de 12,5 milliards de dollars et les exportations ont diminué de 10,5 milliards. [1] Un écart plus grand ne permet pas, à lui seul, d’identifier si le moteur est la demande des ménages, l’investissement des entreprises, les prix des matières premières, les chaînes d’approvisionnement ou un effet de calendrier temporaire.
Regarder sous l’agrégat
La publication officielle sépare les biens et les services. En mai, le déficit des biens a augmenté de 23,6 milliards de dollars à 106,5 milliards, tandis que l’excédent des services progressait de 0,6 milliard à 28,9 milliards. [1] Elle relève aussi des importations plus élevées de produits pharmaceutiques, de téléphones portables, de pétrole brut et de voitures particulières, ainsi qu’une hausse de 1,1 milliard des biens d’équipement. [1]
Le reportage de Reuters ajoute une grille de lecture pour les biens d’équipement : il relie le niveau record de 128,0 milliards de dollars à un investissement plus large dans l’IA. [2] C’est une explication d’une partie de la composition, non une raison de traiter chaque machine ou semi-conducteur importé comme la même histoire économique. Les données doivent être lues par catégorie et dans le temps.
Le mouvement nominal n’est pas tout l’effet réel
Les chiffres de tête sont corrigés des variations saisonnières, mais non des prix. [1] Le BEA indique séparément que le déficit réel des biens, corrigé de l’inflation, a augmenté de 18,7 % en mai, contre 28,8 % pour le déficit nominal des biens. [1] Cette distinction est un garde-fou utile : les valeurs en dollars peuvent évoluer parce que les volumes changent, les prix changent, ou les deux.
La publication révise aussi les données antérieures. Son déficit moyen sur trois mois a atteint 62,9 milliards de dollars, tandis que le déficit cumulé depuis le début de l’année restait inférieur de 40,6 % à celui de la même période de 2025. [1] Ces mesures n’annulent pas mai ; elles évitent de confondre une observation unique avec une tendance établie.
Les exportations nettes sont une composante du PIB, donc un rapport commercial mensuel peut influencer les estimations de croissance trimestrielle. Reuters et Trading Economics ont tous deux estimé que la configuration de mai pourrait peser davantage sur le PIB du deuxième trimestre. [2][3] Il s’agit d’une lecture informée d’un indicateur, pas d’un résultat final de PIB. La prochaine publication, couvrant juin, est prévue le 4 août. [1]