Le débat zambien sur l’éducation numérique entre dans une phase plus décisive. Le 1er juillet, l’UNESCO a indiqué que le ministère de l’Éducation avait réuni des parties prenantes à Lusaka pour valider un projet de normes et de lignes directrices TIC dans le cadre du projet EduTech for Zambia. L’objectif est de donner aux écoles et aux responsables de l’éducation un cadre commun de fonctionnement. [1]
Du matériel à un système d’exploitation
Le projet couvre la gouvernance et la responsabilité, la gestion et la maintenance des équipements, la cybersécurité, l’usage éthique de la technologie, l’assurance qualité et l’intégration des TIC dans l’enseignement. [1] Une école ne devient donc pas compétente dès qu’un ordinateur arrive : il faut pouvoir le maintenir, protéger l’élève et relier l’outil à une pratique pédagogique solide.
Le séquencement est essentiel. Un avis de consultation de l’UNESCO publié en janvier décrit d’abord une cartographie des programmes numériques existants, puis l’utilisation de ces données pour élaborer des normes et procédures garantissant un usage sûr, équitable et durable. [2] La politique fonctionne comme une boucle : cartographier, définir la pratique minimale, former, mesurer puis corriger.
Un écart très concret
Le profil 2026 de l’UIT souligne les limites de l’internet et de l’électricité dans les zones rurales et indique que 11,5 % seulement des Zambiens pouvaient utiliser un ordinateur de bureau en 2022. Les études informatiques figurent au programme, mais leur mise en œuvre varie ; un programme Lenovo avait formé plus de 440 enseignants et 126 responsables d’établissement. [3] Le problème est donc celui des capacités, pas seulement de l’accès.
Le Learning Passport de l’UNICEF avait déjà montré qu’il était possible de déployer environ 3 000 contenus, des leçons en langues locales et des ressources adaptées au handicap. [4] Les normes doivent maintenant rendre ces contenus fiables au quotidien. La grille de lecture est triple : accès, pratique, responsabilité. La validation zambienne est importante parce qu’elle tente de les relier avant que les achats ne deviennent le seul indicateur. La prochaine preuve devra venir des classes les moins connectées.